Tuesday, July 7, 2009

Pleure, je t’aime



Laisse filer ce gros chagrin
qui te serre dans ses mailles.
Presse ce gros gris qui flotte,
fait-en descendre les rideaux.

Je sais, je me comporte comme un malin,
je te fuis par toutes les failles.
C’est que je crains la fermeture de la porte,
seul accès au donjon du château.

Comprends moi, je ne veux être le marin
qui te laissera comme un fétu de paille
en s’embarquant avec toute la flotte
pour une vulgaire aventure de matelot.

Car je serai bien mort au petit matin,
immobile tel l’acier de ma cote de maille,
si je ne m’envole et ne joue de l’épiglotte
aux oreilles amusées des badauds.

Sébastien

Hun! rapport



Adolescents impertinents,
qui vous croyez tout puissant,
la vie se chargera de trouver la faille
qui vous mettra à nu comme une caille.

Disciples de Narcisse aux corps si beaux,
enveloppant de monstrueux ego.
Craignez le temps qui use
et l'amour qui tue.

Sébastien

Saturday, June 13, 2009

Rodin




Le visage, d'argile façonné,
se fendille et s'effrite un peu plus.
Les fissures de l'oubli courent,
du haut au bas de son front,
de gauche à droite de ses joues.
Elles créent un regard lourd
de la rigidité du matériaux.
La jeunesse de la matière,
la malléabilité des jeunes cœurs,
ont quittés cette pièce
lorsque la dernière goutte d'eau
se laissa évaporer.
La poussière tombe,
les morceaux se détachent,
L'œuvre est marquée
par l'expérience de la douleur.

Un retour de l'artiste
qui soignera la pièce
en corrigeant dans la glaise
les vestiges du temps,
peu consolider les maux
et rendre vie au portrait.
Le buste ainsi rajeuni,
pourra se fortifier
d'un travail complété
lorsque le blanc nacré du marbre
aura épousé son ombre,
patiemment ciselé.
Il vieillira désormais
au rythme que bat le temps,
sans craindre jamais
d'être désagrégé d'ici un printemps.

Sébastien
E: 13 juillet 98
R: 30 août 98

Thursday, June 4, 2009

Artistes de la rue

Et si l'on écrivait l'histoire de ces artistes de l'ombre du coin d'un oeil.

Ceux là qui pour quelques "groszy" vous livrent une parcelle de leur vie.


Musiciens de boîte à flûtes, gratteurs de guitare à contes ou raconteurs d'accordéon à chansons.

Toujours l'air triste, un peu, toujours la main ouverte, tendue.

Pourtant l'air absent, faux joyeux; ils mènent une vie de contrastes.


Natasha est piccoliste de grandes places animées. Ses airs léger emballent la foule et volent aux passants des sifflements de complicité. Son âme, pourtant, vogue sur les airs tristes du Dr. Jivago en lambeaux déchirées, errant dans la steppe desertée, congelée. Natasha s'exécute où son coeur l'appelle, près des tables en terrasse du bistrot ou des portes du caveau. Sa plus grande frousse: devoir entrer, bosser et y être prisonnière toute la journée.


Victor est directeur de boîte à musique. Il supervise le souffle des sifflets de bois, les pas des pantins de chaque coin ainsi que le ton de la musique accordée au roulement de la manivelle et aux profondeurs des pistons. Il s'installe toujours près de chez Dom Restauracyjny Gessler, le resto avec de l'herbe pour plancher car il y trouve son ombre et ses passants qu'il connaît tous par leurs paroles silencieuses et leurs regards curieux-timides. Sa plus grande crainte serait de quitter sa vie rythmée au battement de son bras tournant. Il souffre du regard quotidien de centaines d'inconnus connus, amis de la rue, qui viennent et qui vont en souriant, hypocrites, poliement.



Anais est charmeuse de corde à guitare. Envouteuse indienne, pareille, celles qu'elle gratte lui obéissent et chantent pour les auditeurs-passants des mélodies d'autre temps. Elle déploie son théâtre sur les pavés, adossée au rebord du trottoir, exposée. Ses genous sur le plastique, sur la pierre, sont usés, blessés. Son coeur congelé, tiraillé entre le désir de se lever et bouger et celui d'entendre tinter un "zloty" lancé, la fixe dans l'espoir. Ce qu'elle croit craindre le plus: perdre sa "liberté" d'aller.


Stalislav est clown. Sur son bloc, immobile, il tient la pose. Silencieux, les yeux vitreux, les muscles douloureux, il prendrait bien un repas, du repos, du soleil, juste un peu. Sans avoir à amuser petits derniers et grands bébés qui le font s'exécuter sans le payer. Il a mal à demain, pareil à l'aujourd'hui de sa peine; au présent de chaque minute où il doit cacher sous un sourire trop grand, trop rouge, trop accroché, sa détresse. Ainsi que toutes celles marquées dans les rides profondes qui s'expriment de chaque côté de ses yeux et qui servent de goutière la soirée arrivée. Il vit pour le souffle, le rire spontané d'un enfant de passage. Il vit, moi je le dis, mais le clown se meurt.


Marie-Julie est dompteuse d'inconnu, exploratrice de civilisation, entraîneuse de voyageurs, éleveuse d'un quotidien différent de demain. Elle s'exécute partout du soir au matin. Peu importe la langue ou les coutumes du public elle s'y trouve, s'y ajuste et obtient ce pourquoi elle tend la main. Son théâtre elle le déroule où le vent veut bien la porter, où la nécessité se pointe le nez. Elle a la tête trouble de nouvelles idées, de projets, de choses à raconter, de questions à poser.  Mais devant elle, il n'y a que le passant inconnu pour l'écouter.  Ce qui la fait le plus reculer c'est de penser que jamais elle ne voudra quitter ce monde qu'elle n'a pas adopté.


SB - Pologne, 26 avril 2003
R: 8 septembre 2010

Saturday, May 30, 2009

Lancement



Voilà, je me lance dans le vide de votre appréciation.
J'ouvre aujourd'hui toutes grandes les fenêtres sur mes écrits.


À quoi bon attendre, de quoi ai-je peur ? En alimentant la discussion, je "dérange" le système plus tôt dans ma vie. Où tout ceci va me mener, je ne le sais pas. D'ailleurs je ne sais pas non plus où j'irais si je gardais tout ceci pour moi.


Voici donc, sorti tout droit de mes nombreux cahier d'écriture, des textes que j'ai
écrits, anciens et nouveaux, de tous les styles, histoire de vous
délecter l'esprit avec des surprises. Tout comme les "tapas", vous pouvez les déguster un à un, ou plusieurs à la fois pour les gourmands.


J'espère que vous allez aimer. Si vous n'aimez pas, à tout le moins faites-moi un commentaire constructif afin que je retravaille le tout.

PROJET
J'ai un projet que j'aimerais réaliser avec votre aide et qui part de ces textes. Je souhaite mettre ces textes en images. L'interprétation que vous ferez de mes textes sera basée sur votre expérience personnelle. Je vous invite, la main grande ouverte, à me soumettre photos et textes qui seront inspirés par ce que j'ai écrit. Je vais joindre ce que vous allez m'envoyer aux textes correspondant.

Mon image préférée précèdera le texte, les autres suivront. C'est comme un combat des images.

Plongez dans cette fenêtre sur mon esprit ;-)

Sébastien
E: 30 mai 2009

La vie...



La vie c’est comme les confettis,
plus tu t’envoies en l’air
plus il faudra que tu te ramasses

E: 3 avril 1999

Monday, May 18, 2009

Minuscule



Insignifiante dans son interstice,
vulnérable parce qu'elle est triste
fragile puisque immobile,
la flaque d'eau putride se meurt.

Elle qui peut donner la vie
aux plus dangereux vecteurs de maladie,
qui peut tuer en son sein
les germes purs y dormant,
elle stagne. À dessein ?

Un élément essentiel est absent,
celui qui les rends tous moribonds.
Le renouveau, la fraîcheur sont
seulement pour elle,
sont essentiels.

Sébastien

E: 15 janvier 1997
M: 18 mai 1997

Feuille sèche



Délicatement flotter,
se laisser pousser
pour encore dériver,
la feuille morte,
sans vie,
goûte au plaisir
d’une existence sans obligation,
d’un présent de sentiments
qui enivrent.
La liberté de penser
est sienne.
Mais sa destinée
est mienne.
Maître du Zéphir
et du Tsunami,
je contrôle son avancée
ou son recul.
La vie est ainsi faite
Les choses sur lesquelles ont se base,
se meuvent, changent et peuvent
nous laisser tomber ou nous noyer
si nous ne savons nous laisser flotter.

Sébastien
E: 10 juillet 2000

Sunday, May 17, 2009

La goutte



À l’aube,
issue d’une fine rosée venue du côté du Soleil levant,
une délicate gouttelette d’eau se laisse glisser sur la rose.
Confortablement enfouie au creux du pétale,
les premiers effluves de vie la submerge
lorsque les éternels traits lumineux l’enveloppent.

Tout doucement,
la goutte d’eau se retire de son lit soyeux et délicat.
S’agglomérant elle prend forme et laisse s’exprimer,
dans toute leur magnificence,
des rouges, des verts, des jaunes et des bleus à sa surface.
Cette goutte fluide,
translucide comme un souffle d’éther,
qui scintille sous les premiers rayons du Soleil
glisse sur le doux velours.

Courbant l’espace, le temps,
la goutte transparente glisse,
lentement,
s’arrête.
Elle épouse le pétale pour ne former plus qu’un.
La rose peut dès lors apprécier la douceur et
la délicatesse de cette passante.
La fraîcheur qui en émane l’enivre,
le monde prend soudainement des teintes inexplorées.
Dans une symbiose parfaite
ils échangent les éléments essentiels à la vie.
Mais le temps est venu.
Elle se met en marche,
lentement,
embrassant et irriguant de son corps,
de son être,
les vaisseaux nourriciers de l’hôte.
Doucement elle glisse,
courbant le pétale sous son passage,
demeure suspendue,
belle pour une portion d’éternité...
tombe.

Il se résigne,
sachant que si cette parcelle de vie
illuminée d’arc-en-ciel est confinée,
elle mourra.
Il ne peut qu’espérer
recevoir la grande voyageuse en lui
dans un futur lendemain.

Sébastien
E: 5 février 1996

Monolithe



Ma vie est pareille à celle d'un roc en bord de mer...
Je me retrouve parfois, à marée haute, isolé.
Seul, contre les éléments,
les embruns salés.
Les vents déchaînés,
me rongent alors de tous les côtés,
Ma vie ne tiens plus qu'à un monolithe.

Sébastien
E: 22 novembre 1996

Thursday, May 7, 2009

21 ans






21 ans, L'âge des remises en question,
des grandes réalisations,
des longues expéditions,
des possibles déceptions
et des nouvelles implications.

Sache qu'au sommet
tu es désormais
des premiers stages
de ton développement.
L'adulte en toi est prêt à affronter
la vie rude et sans merci
qui s'offre à toi.

Tu peux voir le chemin devant toi
comme une suite de montagne,
de vallées,
de pics escarpés
et de gorges profondes...
Tu peux tout voir ceci
en noir et gris,
mais si tu t'approches suffisamment
des vraies choses et des gens
tu verras qu'aux sommets
comme au fond des vallées
il y a tout un tas de fleurs
aux couleurs vives et animées
qui sauront ensoleiller tes journées,
t'égayer et te donner
la force de continuer.

E: 15 août 1998