Wednesday, January 12, 2011

Va

Le spleen de l'instant présent,
des contraintes, des conventions,
des dieux de la commercialisation.

Le goût de partir
sur la ronde Terre,
aller mon chemin
sans trop savoir
si demain
il y aura sur le chemin
des brousailles,
des victuailles,
ou des murailles.
Il est temps d'aller s'enivrer
d'odeurs insoupçonnées,
de paysages à rêver
et de gens;
de gens empreints de curiosité,
de simplicité, d'envie de partager.

Certains vont 
au bout de leurs rêves et en reviennent,
heureux.
D'autres restent, l'âme en peine,
déçus.
Il y a aussi ceux qui partent
et qui ne reviennent pas,
bohèmes.

Moi, je partirai.
Moi, je pars
avec elle!
Car c'est entre deux tic tac
qu'elle nous a foutu le coup de pied.

Je joue gros en partant si tôt.
Mais je ne jouerai tout simplement pas
si on ne part pas.
Nous reviendrons en ayant gambadé
par delà l'horizon du nid
de nos sentiers marqués.

Un an,
sans plus, et pourtant...

R: 27 décembre 2010
E: 10 février 2002

Wednesday, January 5, 2011

Mamoushka


Mamoushka, poupées gigognes, poupées russes. On les trouve partout dans les étalages de Moscow à Warsaw en passant par Bratislava et Sofia. On les reconnait facilement à leurs couleurs vives, leurs courbes rondellettes, leur appartenance au passé qui n'en finit plus de s'accorcher au présent des touristes qui viennent acheter ce morceau d'exotisme que chez eux ils ne peuvent trouver aussi bon marché.

Les mamoushka que j'ai en tête, cependant, ne peuvent être achetées. Ce sont toutes ces vieilles grands-mamans de la Pologne, de la Slovaquie rurale. Celles-là que l'on reconnait facilement à travers la foule. Petites, trapues, les jambes arquées comme si elles avaient passé leur vie à chevaucher. On aperçoit de loin leurs couleurs vives dépareillées. Leur foulard qui cache tout leurs cheveux, arrangé en fichu qui se termine en pointe parce qu'il débute en noeud sous le menton. Avec leur gilet de laine aux boutons tendus jusqu'à leur point de rupture qui sculpte leurs corps solides comme des billots. Consciente de la mode, sexy, elles laissent toujours le gilet s'ouvrir d'un ou deux boutons en bas pour bien couvrir la naissance de leurs hanches. Toujours elles ont leur jupe à plis français qui jaillissent sur leurs hanches comme l'eau d'une cascade. Sans oublier les bas de nylon beige opaque et l'indispensable sac à main pour les courses. C'est un tout. Il faut toutes ces parties, et il faut aussi le visage tout rond, ridé, craquelé par le soleil, le temps et le travail. ainsi que le grand sourire accueillant que les éléments n'auront pu effacer. Mais il faut aller les trouver, chez elles, car cher ou bon marché on ne les trouve plus dans nos cités.

SB.

E: 18 mai 2003 - Bratislava, Slovaquie