Friday, November 26, 2010

Amitié

Je souris, le regard fixe sur la rue, dehors, sur les passants du trottoir, tout près, sur le temps qui passe, surtout.  Que pensent-ils? Où vont-ils? Et l'amitié eux? Mon doigt glisse, sur la tasse à café, la déplaçant, au gré des vas et viens de mes pensées. La poignée tourne, l'aiguille tourne aussi, au son des secondes qui tombent sur le monticule dans le sablier. La mousse est séchée sur le bord de la tasse. Le sucre au fond se baigne dans une mare de crème au café. C'est moi, je sais, qui ne respecte pas cette boisson des rencontres heureuses et des discussions sans fin en compagnie. Et ces passants, que pensent-ils de l'amitié ? Et Joseph, lui, seul sur le coin du La Baie, à chercher cette amitié dans le regard de chaque quidam, la pitié surtout. La napkin est collée dans le cerne de café. La mousse et le sucre sont collés sur le bâtonnet brun. Les tasses se bousculent au bord du vide, du gouffre, de la fin du monde de la table. La discussion a probablement été longue? Non! Du bon temps? Non plus! Et ce sourire? C'est pour ne pas pleurer. Qui ? Celle qui n'est pas venue, cette amie d'une vie passée. Appelle-là? Elle ne le sait pas; elle n'aurait donc pas pu y être; elle ne le saura pas non plus. En venant ici en quête d'inspiration j'ai ouvert mes mémoires et elles se sont étalées sur moi comme les empilements poussés dans le haut un placard trop petit. Dans mes yeux il pleut dehors. Un instant le temps est gris. Le temps de remettre un ordre dans mes souvenirs. De ranger le tout, de pousser un peu alors que j'essaie de refermer la porte qui grince et gémit. Jusqu'à la prochaine fois, où j'aurai le goût de toi mon amie. Où j'aurai besoin de te parler afin de t'expliquer où ma vie s'en va, en quelques mots, que toi tu comprendras. Et comment je marche sur la route de celle-ci. Mais je t'implore une autre dernière fois, avant de te ranger tout la haut pour une étincelle d'éternité, laisse-moi t'étreindre et ensemble disons merde au vieux dicton.

SB
E:31-10-2004
R:26-11-2010

Wednesday, November 17, 2010

Église

Roumanie:



Hier dimanche tout était fermé. Retour sur image ou retour dans le temps. L'appel à la prière, orthodoxe, nous a accompagné hier lors de notre courte excursion en ville. Au coeur d'Oradea, sur la Piata Unirii, les églises se bousculent. Faux, les célébrants se bousculent pour une place dans l'une d'elles. Choc religieux, images de Pologne à Pâques... La vie s'arrête ici le dimanche. Pour jeunes et vieux le temps est à la réflexion, la prière, dans l'un de ces nombreux temples. On prie ici parce que tout le monde prie? Ou tout le monde prie parce qu'ici on prie? L'essence c'est que parmi les fidèles debout ou à genoux je vois des visages ailleurs, des visages sur une jambe, blasés qui vont à la messe sans raison plutôt que de faire de la contestation. Rares doivent être ceux qui, contre le courant des gens normaux, restent chez eux. N'empêche que les blasés sont minoritaires. Elles sont pleines ces églises de gens qui croient. Et bourdonnent tout autour les croyants n'ayant pu trouver un siège sur les grands bancs et qui religieusement assistent à la messe des haut-parleurs tonitruant au grand vent. Dans pareil contexte j'irais probablement, sur une jambe moi aussi, à la messe du dimanche.

C'est une surprise pour nous. Nous ne nous attendions pas à ça. Des jeunes qui se signent en entrant dans l'église et qui s'agenouillent respectueusement devant l'autel. Cette ferveur que nous ne connaissons plus dégage une telle énergie que s'en est apaisant. Rien à voir avec Varanasi en Inde mais quand même. Pour nos paradigmes nord-américains c'est une surprise. Une autre que l'on doit mettre sur le compte de la différence ou plutôt sur celui de notre ignorance? Mais pourquoi peint-on le monde que l'on ne connait pas de couleurs familières plutôt que de laisser blanc ce terrain non découvert?

SB
2 juin 2003 - Oradea

Note : Il y avait aussi, disséminées un peu partout en Europe de l'Est mais surtout en Roumanie, des églises ouvertes, accessibles, des lieux de prières, de silence. On pouvait y entrer quand notre bon vouloir nous y guidait ou lorsque l'on voulait un peu de quiétude, de fraicheur. Une grille décorative limitait l'accès au lieu de cultes et aux trésors religieux, mais les bancs et les effluves d'encens nous invitaient à nous asseoir. C'est si simple pourtant.

Note 2: C'est en Pologne que l'on a croisé des groupes de jeunes prêtres en soutane, tout sourire, sur la rue et des groupes de religieuses.

Tuesday, September 21, 2010

Capitalisme et Communisme

Capitalisme et Communisme
nous tueront tous ainsi que la Terre,
l'Homme étant cupide et paresseux.


SB
E: 8 septembre 2010

Thursday, September 16, 2010

Live

Live your life
the way you can deal
with the consequences
of it.

SB
E: 24 septembre 2000.

Saturday, September 11, 2010

White // Noir

White // Noir

White :
Page blanche tu m’ennuies,
ton éclat m’éblouit,
peur du vide, altitude,
mes idées éclipsées
par les rayons réflétés.
Tu opprimes ma solitude
qui ne trouve à s’exprimer.

Noir :
Black ink
Black thoughts
Black words
Short sentences of hate
Depraved of fate
Scribbled, mingled
Mind on paper, confused
Strong ideas pressured like ink
Thrown under the ball of a heavy mind.

SB.

E:10 décembre 2002
R: 30 août 2010

Monday, September 6, 2010

Guerre



Des pleurs
De la douleur,
Peu importe la couleur
Du drapeau
Ou de la peau.

SB
E: 5 novembre 2002
- " War remnants museum " -
Ho Chi Minh City. -

Tuesday, August 31, 2010

Tourisme à Hoi An



Il pleut doucement
Une journée à Hoi An
Parfaite pour regarder le temps
Qui s'écoule, qui s'envole, passant
M'effritant, me consumant au fil des ans.

Assis en face de la Thu Bon river où les bateaux tanguent doucement, les passant vêtus de leurs imperméables transparents, multicolores, déambulent lentement. …au gré de la pluie qui glisse en fines goutelettes du haut de leur chapeau de paille conique, du haut de leurs épaules jusqu'au bas de leurs pieds nus, de leurs sandales souillées.

Le silence est interrompu par le battement régulier de la pluie sur la rue tout juste en face de nos pieds. La rue nous offre, elle aussi, des moments vibrant de mélodies peu communes. Les crics cracs des vélos passant en sifflant sourdemment de leurs pneus étroits sur le pavé mouillé et les motos pétaradant doucement, annoncant leur venue. Il n'y a pas de klaxons ce matin, enfin! C'est pour cela que je trouve tout si paisible et reposant ;-)

Les habitants se sont pour la plupart réfugiés chez eux. Les touristes se sont réfugiés dans leur chambre d'hôtel climatisée ou dans ces bars tonitruants offrant peu de dépaysement. Je ne veux pas être étiqueté touriste même si aux yeux de la majorité j'en suis un. Je veux être un gourmet des styles de vie, un botaniste des gens du monde, un anthropologue des arts culinaires. Un admirateur devant une grande toile vivante qui ne demande qu'à entrer dedans à la première occasion. Mais pas un simple touriste en quête d'exotisme. Je veux comprendre. C'est plus, c'est mieux, c'est difficile!

Sens la bruine sur tes feuilles, sur tes mains alors que se lève la brise.
Apprécie ces secondes qui s'écoulent lentement, portées par les gouttes de pluie. Elles tombent maintenant avec fracas dans une chaudière de métal qui recueille le trop plein d'un toit de toile agé.

SB

E:1er novembre 2002

Tuesday, August 24, 2010

Si Hanoï était une femme

Si Hanoï était une femme,
elle serait grande et élancée,
mince comme ses rues étroites
qui s'entrecroisent commes des jambes,
infinies.

Elle serait belle et mystique
comme les pagodes antiques
sombres et inaccessibles,
serties au centre du lac Hoan Kiem.

Elle se déplacerait avec grâce
parmi la jungle urbaine,
insensible aux bruits, aux passants,
au traffic et aux marchands.

Elle serait invitante, insistante et disponible
comme les vendeurs qui se jettent sur nous
au détour de chaque coin de rue.

Elle aurait de longs poils noirs sous les bras,
surprenant l'étranger qui la déshabille,
tout comme nous surprennent
les boutiques et magasins du moyen âge
cotoyant, sans fini, les boutiques de notre âge

Si Hanoi était une femme,
elle aurait les dents noircies
par l'insouciance de ses habitants
et l'haleine putride des déchets jettés à ses pieds,
à la rue.
Elle serait vêtue d'un flamboyant costume traditionnel,
blanc, un peu transparent,
nous permettant de voir juste un peu...
comme ce que nous touristes pensons connaître de cet univers.

SB
E:15 octobre 2002

Tuesday, July 20, 2010

Edge

If you're not living on the edge,
you're taking too much space (1).
So said the cigar and the man who smoked it.
Right up there, looking down the rift in the cliff
between sky and depth surrounded by loneliness
warm, bathing in a "contre-jour" of light
peeping through a hole against a grey sky.

His friend, the high mountain wind
gently touching his arm, his back, his neck
carrying Montecristo's fumes in a straight line,
thick, bold, though frail as life.

Hesitates.
Feeling more pressure would make him fall
it shows it cares by tipping edelweiss' head
at which he stares.

One of those piece of time
to frame and remember.

SB

E:30-12-2008

(1) quoted from an anonymous author.

Thursday, July 15, 2010

Apsara









Au sein de l'Apsara voluptueuse,
la Mort aux joues creuses
assoifée, de ma vie.

SB
E: 15 juillet 2010









Friday, June 18, 2010

Le Clown Version courte / Version longue

Version courte

Who cheers up
the clown?


Version longue

Un ressort dans le cul,
la face coinçée entre les genoux,
le dos pressé par la tôle froide,
la poussière en boules sur la boîte,
dans les combles oubliés du grenier,
de la maison aux volets brisés,
à la peinture écaillée,
aux carreaux de roches traversés,
sise dans le champs de chiendent,
plantés dans la boue, mouillés par la pluie,
sous les gris nuages bas.

Who cheers up
the clown?

SB

E: 3 juin 2010

Saturday, June 12, 2010

La chanson du vendeur






La chanson du vendeur,
Nous la connaissons par cœur.
Entrez, regardez, c’est pas cher, c’est gratuit!
Assoyez-vous, soyez à l’aise mes amis.
Regardez ce que j’ai pour vous, pour la vie.
Vous voulez un « chai », un petit biscuit?
À savourer ensemble, dans ma boutique, juste ici.
J’ai les plus beaux, les meilleurs prix.
Un rabais pour mes premiers clients, le voici.
Achetez, dépensez si vous aimez, je vous en prie.
Ne quitte pas mon frère, tu me causes du souci.
Ne t’en vas pas j’ai une pauvre vie, meurtrie.
Je te le laisse à ton prix, ce que tu me dis, choisi.
Mon maître, tu m’arraches le cœur, je pleure sans merci.
Tu achètes ma camelote à 3 fois le prix toi aussi.
Étranger, je t’ai bien eu, hi hi.

SB





E:24 janvier 2003 - Jaisalmer 

... un autre de la série des poèmes "théatre d'été"  ;-)

Tuesday, June 1, 2010

Hold your breath



Montréal,
nuit sans lune et sans étoile.
Plafond bas, laiteux, des lumières de la ville.
Brumeux
Boules blanches sur leurs tiges, métronomes.
Facades hors champs, vues du boulevard à 5 voies.
Du Parc, Mont-Royal

L'énergie du beat pompe l'accélérateur
Boom car,
Daft Punk, Da Funk
Voiture rouge feu,
beat rouge sang,
le feu, rouge vif.
Le calme,
l'attente.
Grand Prix
Fébrile
Concentré

Le feu, vert lime
Première.
Rugit
La côte
Du Parc
Deuxième,
la voiture
devant
lente.
Le chauffard
le dépasser
sans souffler
miroir
angle mort
miroir
ouf!
tout juste
trop près
AC/DC, Thunderstruck!
Les halogènes
coupées
derrière...
frustrées
troisième.
La côte
plonge
sur la ville
la Grande
les tours
fantômes blancs.
Les halogènes,
si près,
à côté,
dépassé.
Doppler! F1
c'est la revanche,
c'est le signal,
c'est la course!
Quatrième,
gronde
la courbe
3G
les pneux
crissent,
le coeur
pompe.
Kenny Loggins, Danger Zone
La jetta
flambette
va,
on va,
trop vite.
On tombe
on frôle
le vide,
le parapet,
la Ville.
C'est fou,
c'est l'fun,
c'est jeune,
c'est trillant.

Le feu, rouge vif.
Des Pins, Peel.
Les LED rondes rouges,
les freins rouges chauds,
le coeur tambourine,
l'effet tunnel,
la réalité qui nous quitte
je veux, la piste!

2e ligne.
Il est devant.
Je fixe, son rétro.
Mes phares, éblouissent ses yeux.
Noisettes
Elle.
Je suis surpris,
je me suis mépris.
Elle soutient mes phares,
du regard, elle me défie.
Ce n'est plus lui.
Vamp, désir
c'est elle!
Tic, tac,
le temps s'égrenne, puis demeure, fixé par son regard, un instant, en suspend.
Le grain de sable accélère, tombe.

L'autre feu, jaune.
Embrayage
Première.
Serre les mains,
serre les dents.
Le feu, vert lime.
Déclutch,
GO!
Wolfmother, Joker and the Thief
Le départ
en pente
on demeure,
sur place.
Ils crient,
strident,
glissent,
tracent.
Deuxième.
Je coupe
à gauche,
j'ai presque
son aile,
à droite.
Elle décolle.
Troisième.
S'enfuie,
les révolutions
dans le rouge.
Je perds,
je la perds.
Trop loin.
La plaque
rapetisse
The Paper Chase, Said The Spider To The Fly
Je lève,
le pied,
je baisse,
la tête.
Vaincu.
Déçu.
Les braises rouges.
Des Pins, Cedar.
Raccourci!
Pédale
au fond.
Quatrième.
Les lampadaires
lignes blanches...
Tourne,
vole,
cascade!
Sur deux roues,
la corde,
la limite,
les pneus,
se taisent,
retiennent
leur souffle.

Côte-des-Neiges.
Je monte,
je la cherche,
la jetta,
elle est-là,
au feu,
rouge.
J'arrête,
1ère ligne.
Côte à côte.
Lance
le regard
Survivor, Eye Of The Tiger
Elle sourit.
Les moteurs
grondent.
Les révolutions
s'embalent.
Beat !

À l'ombre des grands arbres du cimetière Côte-des-Neiges, sur le capot brûlant, on se brûle, en baisant.

SB
E: 26 septembre 2001
RE: 1er juin 2010

... drive safely !

Monday, May 31, 2010

Tourista



La tourista
progresse à petits pas
mais un jour,
elle t'aura!
Et c'est l'estomac,
sous le bras,
que tu iras faire ton tour
là où tu ne sais pas
quand ça finira...

SB
E: 6 juillet 2001 - Équateur.

... C'est un poème de théatre d'été ;-)

Saturday, May 22, 2010

Bonsaï

Un bonsaï déraciné,
de pot en pot transplanté,
sans terre d’accueil où s’implanter.

De ses maîtres il est captif,
entre leurs mains il demeure chétif.

Jamais il n’a pu s’épanouir,
il a même failli mourir,
sans nourriture et sans eau,
à l’étroit dans son petit pot.

SB
E: 22 mai 2000
R: 22 mai 2010

Monday, May 10, 2010

Pétard



Les combinaisons sans secret
sont celles qui écoeurent le plus
les couples de vieux fidèles.

SB
E: 9 mai 2010
8-7-6

Saturday, May 8, 2010

Chocolat



Fonds en moi, onctueuse,
telle une bouchée de chocolat
sur une langue gourmande

SB
5 mai 2010

Sunday, May 2, 2010

Rien



Rien

Rien que la peur

Rien qu’une larme

Rien que la solitude.

Celle que j’aime

Nos rêves

Nos bonheurs

Notre futur

Réduit à rien

Rien que le mal

Rien que le froid

Rien que le noir

Rien


SB
E: 27 septembre 1999
R: 31 mai 2000

Thursday, April 29, 2010

Noir



Soufflée, sa lumière s'est éteinte,
au fond du tunnel, dans son étreinte.

Sans but il cherche, à l'aveuglette,
de petits riens, des allumettes.

Espérant qu'avec une simple étincelle
il puisse s'approcher un peu d'elle.

SB

E: 8 juin 1998
R: 28 avril 2010

Friday, April 2, 2010

Sylvidre



Sylvidre élusive, flottant
parmi les arbres aux troncs flashés,
curieuse, tu essaies de fuir.

SB

E: 10 décembre 2009